Surveillance de la qualité de l'air
Franche-Comté

Questions fréquentes

Jusqu'à quel âge un enfant est-il considéré comme une "personne vulnérable"?

L’âge à partir duquel le système respiratoire peut être considéré comme mature varie d’un enfant à un autre. L’augmentation des volumes pulmonaires est liée pendant les 3 premières années à la multiplication des alvéoles, de 3 à 8 ans à la multiplication et à l’augmentation de taille des alvéoles, après 8 ans à l’augmentation de la taille des alvéoles. La multiplication alvéolaire plus importante est complétée vers les 8-10 ans. Après cela, il y a une augmentation continue du diamètre des voies aériennes et un remodelage

des alvéoles jusqu’à ce que la croissance physique soit terminée vers l’adolescence.

 

(Source: Air extérieur & santé - Questions Réponses - Direction Générale de la Santé, avril 2016)

Pourquoi certaines personnes sont-elles plus vulnérables ou sensibles à la pollution de l'air?

Certaines personnes sont plus vulnérables ou plus sensibles que d’autres à la pollution de l’air, du fait de leur capital santé ou de leur âge. C’est le cas, par exemple, des nourrissons et des jeunes enfants dont l’appareil respiratoire est encore en cours de développement, ce qui les rend plus fragiles vis-à-vis des polluants de l’air que celui des personnes dont l’appareil respiratoire est mature.

 

Par rapport à la population générale, les personnes vulnérables ou sensibles à la pollution de l’air vont présenter plus rapidement ou plus fortement des symptômes suite à une exposition à cette pollution, que ce soit à court terme ou à long terme.

 

Les populations vulnérables et sensibles à la pollution de l’air sont ainsi définies (définitions issues de l’arrêté du 20 août 2014) :

 

Population vulnérable Population sensible
  • Femmes enceintes
  • Nourrissons et jeunes enfants
  • Personnes de plus de 65 ans
  • Personnes souffrant de pathologies cardio-vasculaires
  • Insuffisants cardiaques ou respiratoires
  • Personnes asthmatiques

Personnes se reconnaissant comme sensibles lors des pics de pollution et/ou dont les symptômes apparaissent ou sont amplifiés lors des pics.

Par exemple:

  • Personnes diabétiques
  • Personnes immunodéprimées
  • Personnes souffrant d'affections neurologiques
  • Personnes à risque cardiaque
  • Personnes à risque respiratoire
  • Personnes à risque infectieux

 

(Source: Air extérieur & santé - Questions Réponses - Direction Générale de la Santé, avril 2016)

Est-ce que les valeurs réglementaires de qualité de l'air s'appuient sur des données sanitaires?

Les valeurs réglementaires relatives à la qualité de l’air en vigueur en France sont majoritairement issues de directives européennes, dont l’élaboration s’appuie pour partie sur les dernières connaissances en matière d’impact sur la santé de la pollution de l’air, et en particulier sur les travaux et valeurs guides (ou « lignes directrices ») relatives à la qualité de l’air ambiant de l’OMS. L’élaboration de valeurs réglementaires intègre également d’autres paramètres tels que des considérants économiques et techniques.

 

Il est à noter que, pour les indicateurs de pollution les mieux étudiés, des effets sur la santé sont observés même à des niveaux de pollution inférieurs aux valeurs réglementaires. De plus, pour certains polluants tels que les particules, il n’est pas possible de mettre en évidence un seuil en dessous duquel aucun effet sanitaire n’est observé.

 

(Source: Air extérieur & santé - Questions Réponses - Direction Générale de la Santé, avril 2016)

Est-ce que l'amélioration de la qualité de l'air se traduit réellement par une amélioration en termes de santé?

Plusieurs études épidémiologiques ont analysé les bénéfices en termes d’impacts sanitaires pouvant être observés lorsque les niveaux de pollution diminuent. Ces études, dites d’intervention, ont confirmé que des bénéfices sanitaires étaient bien observés dans la réalité quand la qualité de l’air s’améliore.

Ainsi, par exemple, l’interdiction par le gouvernement irlandais de la vente de charbons bitumineux à Dublin en 1990 a provoqué une diminution nette des concentrations de particules, associée à une baisse de plus de 6% de la mortalité totale dans les 6 années suivant l’intervention. La diminution des concentrations en particules fines (PM2.5) aux États-Unis entre le début des années 1980 et le début des années 2000 s’est accompagnée d’une amélioration de l’espérance de vie, avec un gain de plus de 7 mois d’espérance de vie suite à l’abaissement des concentrations atmosphériques en particules PM2.5 de 10 μg/m3, ce qui représentait au total 15% de l’amélioration de l’espérance de vie pendant cette période. L’amélioration de la qualité de l’air aux Etats-Unis s’est également accompagnée d’une amélioration de la santé respiratoire des enfants.

Le projet Aphekom a étudié, pour 20 villes européennes, les effets de la législation de l’Union européenne portant sur la réduction de la teneur en soufre des carburants et a estimé que la réduction conséquente des concentrations atmosphériques en dioxyde de soufre (SO2) observée suite à cette mesure a permis d’éviter quelques milliers de décès prématurés. Ces quelques exemples illustrent l’importance des bénéfices sanitaires observés lorsque la qualité de l’air s’améliore.

 

Il faut noter que, compte tenu de la formation dans l’atmosphère de polluants dits secondaires (particules secondaires…) à partir des réactions chimiques se produisant entre les divers composés de l’air, la réduction des émissions de polluants en agissant sur les sources d’émission (transports, chauffage, agriculture…) n’entraîne pas de réduction automatique et proportionnelle des concentrations atmosphériques en polluants. Ainsi, lorsque des actions sont prises pour diminuer les émissions, les impacts sur la qualité de l’air et sur la santé ne sont pas forcément immédiats mais c’est néanmoins le principal levier pour améliorer la qualité de l’air. D’où la nécessité de réduire efficacement et durablement les émissions de polluants.

 

(Source: Air extérieur & santé - Questions Réponses - Direction Générale de la Santé, avril 2016)

Quels sont les effets sur la santé associés à l'exposition aux polluants de l'air?

La pollution de l’air est un mélange complexe et en constante évolution de divers éléments chimiques, biologiques et physiques pouvant être toxiques pour l’homme. Les effets sanitaires les mieux connus de la pollution atmosphérique sont des effets sur les systèmes respiratoire (affections respiratoires telles que l’asthme et la broncho-pneumopathie chronique obstructive) et cardiovasculaire (accidents vasculaires cérébraux, cardiopathies…). La pollution atmosphérique est responsable d’aggravations aiguës de l’état de santé (augmentation des symptômes allergiques, crises d’asthme, irritation de la gorge, des yeux et du nez…) ou d’exacerbations de pathologies chroniques qui se traduisent par la survenue de symptômes pouvant conduire à des hospitalisations, voire au décès.

 

Des effets de la pollution de l’air sur la santé sont observés suite à :

  • une exposition de quelques heures à quelques jours (exposition aiguë, dite à court terme) à cette pollution : irritations oculaires ou des voies respiratoires, crises d’asthme, exacerbation de troubles cardio-vasculaires et respiratoires pouvant conduire à une  hospitalisation, et dans les cas les plus graves au décès ;
  • une exposition de plusieurs années (exposition chronique, dite à long terme) à la pollution de l’air ; les effets sur la santé peuvent dans ce cas être définis comme la contribution de cette exposition au développement ou à l’aggravation de maladies chroniques telles que : cancers, pathologies cardiovasculaires et respiratoires, troubles neurologiques, troubles du développement, etc.

 

C’est l’exposition chronique à la pollution de l’air qui conduit aux effets et donc aux impacts les plus importants sur la santé.

 

En 2013, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), instance spécialisée de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a classé la pollution de l’air extérieur comme cancérigène pour l’homme (Groupe 1). Des études récentes mettent de plus en plus en évidence d’autres effets tels que des effets indésirables pendant la grossesse et à la naissance (faible poids à la naissance, naissance prématurée…), des maladies respiratoires chez l’enfant telles que l’asthme, et l’athérosclérose. D’autres effets sont suggérés

tels que des effets sur le développement neurologique et la fonction cognitive, et sur des pathologies chroniques telles que le diabète.

 

(Source: Air extérieur & santé - Questions Réponses - Direction Générale de la Santé, avril 2016)